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ATELIER D'ÉCRITURE AUTOBIOGRAPHIQUE

 

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F L O R I L È G E : TEXTES 2014-2015

 

J'ÉCRIS MON HISTOIRE DE MOIS EN MOI.


Avec le soutien de Jonathan Burtaux, Échevin de la Culture

Académie de Sombreffe)

En partenariat avec Martine Eleonor

 

 

MA MÈRE

 

Maman, je t’ai toujours connue en photo.
Tu es décédée huit jours après la naissance de mon petit frère et j’étais alors âgée d’un an et demi. Je ne me souviens vraiment pas de toi physiquement.


Tes photos sont partout dans notre maison familiale. Dans la salle à manger à gauche de la cheminée est accroché un grand portrait de toi, à droite une magnifique photo de ton mariage, que tu es jolie. Beaucoup de personnes de mon entourage le rappellent : « Ta maman était une belle femme, d’une élégance rare ».


Une autre photo placée dans un cadre argenté sur le poste de radio, la radio que nous écoutons peu, deuil oblige. Il faut que le temps passe…

 

Un portrait de toi est mis sur la cheminée de la cuisine. Je suis dans tes bras sur la photo prise à la maternité et placée sur la table de nuit de la chambre de papa. Dans la chambre de mes grands parents maternels, tu es photographiée « jeune fille ».


Tout le monde m’a toujours parlé de toi en bien et je regrette que papa ou tes parents ne m’ont pas dit plus de toi. C’était un sujet tabou. Moi, petite fille, pour ne pas leur faire de peine, je n’en parlais pas. Je ne te réclamais pas non plus.
Le jour où tu m’as le plus manqué, c’était à mon mariage. Je me suis sentie seule sans toi.


Aujourd’hui encore, je me dis que j’aurais dû être plus curieuse à ton sujet pour mieux connaître quels étaient ta personnalité, ton caractère, tes goûts.
Mon frère et moi ne parlons jamais de toi. Pourquoi ?

 

 

Sophie Stiqué

 

 

BONNE MAMAN EUGÉNIE

 

Ma mère ne voulait pas d’enfants. Tous les jours, à la moindre occasion, elle ne manquait pas de nous le rappeler. Toujours en colère, elle vociférait : « Moi, je ne voulais pas d’enfants et surtout pas trois imbéciles comme vous. »
Imbécile est le mot que j’ai le plus entendu dans mon enfance.  Surtout pas de câlins, pas de bisous. Gare aux microbes !


Bonne Maman non plus n’aimait pas les câlins. Souvent, je dormais chez elle, dans le lit jumeau, sculpté de couronnes de fruits et de fleurs. Je lui parlais sans pouvoir m’arrêter.
Certaines nuits, j’étais réveillée par la lumière des phares d’oncle Willy qui rentrait à des heures indues de quelque mystérieuse sortie. Bonne Maman descendait furtivement l’escalier pour lui ouvrir la porte - Surtout ne pas réveiller Bon Papa.  Murmures, chuchotements…   Elle remontait, je me rendormais.


Le matin, Bonne Maman me mettait aux pieds des pantoufles en feutre rouge dont les pompons blancs représentaient des têtes de chats. Bonne Maman avait une passion pour les chats. Elle me versait de l’Ovomaltine dans une tasse miniature en porcelaine beige. J’étais émerveillée par la cafetière, la théière et le sucrier en forme de chats. Bonne Maman m’avait acheté une table en rotin avec un fauteuil assorti. Rien que pour moi !

Le gros Zazou - fils de Nadie, la raffinée, la gracieuse - sortait paresseusement d’une boîte de couverture Epeda et se pointait devant l’écuelle en fer blanc pour laper son lait.  - Il n’a pas du tout l’éducation de sa mère, disait ma grand-mère, pourtant elle a essayé de lui inculquer les bonnes manières.
J’étais bien chez Bonne Maman, elle était gentille, patiente et douce.  Elle ne criait jamais.


Un soir d’hiver, Bonne Maman a lu un énorme chagrin dans mes yeux d’enfant. J’avais quatre ans. Viens, me dit-elle. Je la suivis sur la terrasse. Elle me mit debout sur le banc de pierre et me dit : Regarde comme c’est joli toutes ces petites lumières qui brillent dans le ciel !  Écoute… Tu entends la musique… Des chants doux et joyeux… Ce sont les Anges qui jouent pour toi.


Pour moi… Comment ils me connaissent ?  Mon cœur bondit d’allégresse. Je tends les oreilles, j’écoute… c’est magnifique. Je ne veux plus rentrer. Je veux rester là sur la terrasse pour toujours.
Depuis lors les Anges m’accompagnent partout. Je crois que je leur dois le fait d’être encore en vie aujourd’hui.

 

 

 

Ann de Bavon

 

 

TALENT

 

Du talent ?
Mademoiselle.
Mademoiselle aime danser et tout le monde le sait, dans les soirées, c’est pour elle que l’animateur met la musique, celle qu’elle aime, pour qu’elle chauffe la salle,
Qu’elle installe l’ambiance, dérouille les plus coincés et donner envie aux autres de venir l’imiter ou tout simplement s’essayer à un petit déhanchement dérouillant.


Mademoiselle aime surtout danser sur des musiques de Shakira, des sons chauds et entendre les commentaires étonnés, encourageants, admiratifs de son public,
Parce-que, oui, parfois Mademoiselle se prend à rêver, que ceux qui sont restés assis, ne sont là que pour la voir en spectacle.
Mademoiselle aime se sentir admirée, lorsqu’elle laisse aller son corps au rythme de la musique.
Mademoiselle a du talent et ça se voit.
Mademoiselle danse.

Du talent ?
Juliette,
Juliette aime les animaux, elle est surtout en contact avec les chiens et les chats, même si elle parle aux araignées, aux abeilles, aux guêpes et les autres.


Juliette masse les animaux.  L’autre jour, le chiot du voisin boitait et Juliette emportée par son talent, son don pour le contact particulier avec l’animal, l’a pris contre sa poitrine
Et lui a massé la cuisse, le chiot s’est laissé faire, calmement.
Le lendemain, le chiot marchait et courait même.
Juliette aime bien masser les animaux.


Elle masse aussi son chat quand il a mal au dos, et le chat en redemande, ce n’est pourtant pas une caresse, mais plutôt une façon différente de toucher son animal lorsqu’il souffre.
Juliette aime bien masser les animaux.

Fabienne

 

 

PLAISIRS DE LA NATURE

 

Plaisir de printemps

 

Se réveiller une heure plus tôt.
Respirer le printemps, écouter les oiseaux,
Admirer le lever du soleil, savourer l’arôme du café.
Revivre, renaître, être à nouveau !
Habiller les couleurs tièdes du printemps, devenir léger, s’aérer et habiter les énergies naissantes de la terre.
Plaisir de printemps.
Savoir que la vie renaît, que la vie est toujours là.
Printemps.  Prendre le temps.

 

Plaisir d'été

 

Le soleil, la mer, la canicule, les odeurs dans les ruelles des villages abandonnés.
Les fleurs qui fanent sous le poids de la chaleur ;
La sueur de l’effort, avancer malgré le feu.
Se rafraîchir, s’habiller en blanc, offrir son corps au soleil protecteur, et se ressourcer dans la mer génératrice.
Plaisir d’été, acuité des sens, profondeur de l’être.
Été.  Être.

 

 

 

Plaisir d’automne

 

Sentir la vie aller vers la fin, malgré soi.
Les feuilles tombent, les esprits se recueillent, l’homme savoure les fruits et les produits de saison : le raisin, le vin, les châtaignes, les marrons, les pignons de pins, les kakis et l’huile d’olive.
Plaisir d’engranger comme une abeille qui prépare l’hiver.
Plaisir d’automne, la vie se prépare à l’intériorisation, l’homme à son essence.
Automne.  Donne.

 

Plaisir d’hiver

 

Enfin le repos mérité d’une vie de labeur.
Hiver, silence, recueillement, froid, hibernation, marmotte, nid, la nature dort, la nature se repose ; l’homme aussi dort, l’homme aussi devrait se reposer.
Plaisir d’hiver.
Noël, nourriture céleste, nourriture spirituelle, nourriture multi couleurs et multi saveurs.
Hiver.
S’acheminer vers le silence, comme le H muet d’hiver.
Silence, recueillement, prière, méditation.
Hiver.  Hiver né vers le silence.

 

ANJE

 

DANS LE SILENCE

 

Tu peux le dire
Ce danseur t'attire
Et, vers les étoiles t'emmène
Là où cette fée se promène

Oui, tu peux lire
Ce qui te fait naître
Tout ce qui t'inspire
Si peu, si généreusement...

Va, laisse la fermeté, la dureté
Cela, le vent peut l’emporter
Garde toujours
L'empreinte de la douceur.

 

 

Te voilà loin de moi,
pour toujours, c'est ton choix.
Loin et proche à la fois
Maintenant, tu es en moi;

Toujours,
Avec moi, toujours
Pour moi, toujours

Ta présence, ton sourire,
tes silences, tes rires,
tes souffrances, tes évasions,
Tout me manque,
Tu me manques !

Je survis, remplie de toi,
Je souris aussi
Je rassemble tes amis
Et ensemble, on parle de toi.


 

J'écoute leurs voix
Je savoure leurs éclats de rire
Je m'imprègne de leurs souvenirs,
Ceux qui parlent de toi
Ceux qui racontent ce qui ne se dit pas,
Ce que tu ne disais pas ?

Tu n'aurais pas aimé,
maintenant ça t'amuse, je le sais,
Je devine ton sourire amusé...

 


Là assise sut ton banc
En bordure de ce petit bois
Ce silence, cette nature sauvage
Qui te réparaient, toi
Te faisaient rebondir,
Maintenant me réparent, moi
Me font repartir.
Pour une heure,
Pour un jour,
Pour une nuit,
Jamais pour longtemps,
Tout le temps ...

Et c'est là, que souvent
Je hurle ma douleur
Je crie ma peine
J'éclate en sanglots
J'éclate de rire
Je chante tes chansons
Je crie, je pleure

Je m'apaise, et
Chaque fois,
tu rentres à la maison avec moi !

 

Martine Lefort

 

 

L'IMAGE DE LA FEMME

 

Souvent elle vit comme si elle n'était qu'un corps.
Selon la mode du moment, elle a les seins trop gros ou trop petits.
Elle doit surveiller son poids, avoir des dents parfaites, un nez droit et des jambes bien galbées. C'est plus sexy paraît-il.
Mais pourquoi donc doit-elle se tordre les pieds et se jucher sur des talons pour plaire à ces messieurs alors qu'eux sont bien à l'aise dans leurs mocassins ?
Elle doit être "féminine", montrer ses "atouts" comme on voit dans les magasines.


Le décolleté plongeant laissant voir une poitrine bien ferme, la jupe courte, juste ce qu'il faut pour attirer les regards. Tout cela sanglé par une ceinture autour d'une taille fine.
Elle doit se tenir droite et souriante pour qu'on puisse admirer son beau visage, sa coiffure parfaite.
Pas un seul cheveu blanc, ni aucunes rides.

 

 

 

La vieillesse ne passera pas, elle n'est pas autorisée.
Pour sortir, elle doit être "belle". Bien coiffée, maquillée, les ongles parfaits et laqués pour que ces messieurs soient fiers de la sortir et de la montrer en société.


Jusque dans sa profession, elle doit donner l'image d'une femme parfaite. D'ailleurs on la préfèrera à ces autres dames qui "se laissent aller" comme ils disent.


Pas permis d'être trop grosse, trop vilaine, trop vieille, trop petite, trop grande et dans certains cas, trop intelligente.
A-t-elle seulement conscience que ce corps qu'elle trimballe et qu'elle maltraite ne correspond pas à ce qu'elle est vraiment ?
Ne dit-on pas que l'essentiel est invisible pour les yeux ?
Ce corps dans lequel son vrai "moi" habite, n'est-il pas l'habitacle de son esprit ?


Un jour, il finira en cendres ou pourrira dans la terre.
Il  ne survivra pas à son âme.

 

Sylvie Ducroquet

 

 

LA TERREUR

 

Je la ressens avant même d’avoir compris ce qu’est la souffrance et la mort.
L’horreur me pousse à me terrer.
La veilleuse de nuit s’éteint.
Je suis disloquée dans le néant.
Le sol miroitant du centre commercial reflète les nuages.
J’évolue dans le vide.
Une salle de classe. Un professeur me traite de fainéante.
Je disparais sans laisser de trace.
Le hall bondé d’un aéroport. Je suis extrêmement haïe. Au point que des poseurs de bombes rêvent de voir mon corps déchiqueté.
La terreur.  Hurlement intérieur. Paralysie extérieure.

 

RETOUR AU NEANT

Réparer.
Réparer quoi ?
Une épaule luxée. Un pied cassé, oui.
Mais répare-t-on un membre qui vous a été volé, arraché ?
Lorsque la vie vous a amputé ?

Toujours trop tôt. Jamais assez préparé à l’éventualité. Parti pour toujours.
Séparés à jamais. Éternellement mort.
Souffrir et subir. Endurer et pleurer.

Surtout ne pas guérir.
Indécente idée.


Réparer, c’est oublier, nier que l’autre a existé.
Prendre une pilule pour digérer.
Réparer c’est continuer alors qu’on veut que tout s’arrête.
Se livrer corps et âme au sombre cauchemar.
Abandonner la lutte, se noyer dans ses larmes, ne surtout pas raviver la flamme.


Étouffer ce putain d’instinct de survie.
Courage. La délivrance est proche.
Retour au néant.
Plus de vie pour une nouvelle partie.
Game over.

 

 

Pamela Heuts

 

 

NOS ALLIÉS

 

 

Les pieds collés au sol,
les orteils dans le gazon,
le corps contre l’arbre centenaire.
L’écorce fragile s’accroche à mes doigts,
je me rapproche encore.
Des vibrations intérieures affluent,
l’arbre répond.
Les feuilles se tendent, frémissent d’air
et je respire.

 

 

 

 

Le blanc englobe tout.
J’avance mais je n’en suis pas sûre.
Il fait laiteux en dehors du monde.
L’eau est à mes pieds,
un miroir sans tain,
dans le vide.
La lumière jaillit,
le reflet blanc du ciel me traverse,
une péniche passe sans doute,

j’aperçois une bouée, enfin.

 

Isabelle Istasse

 

 

L'ESSENTIEL EST EN ELLE

 

Il était une fois et une fois il n'était pas
une très jeune fille, frêle et fragile, comme un coquelicot sous l'orage.
Cela fait des jours, des mois qu'elle grelotte.
Ses pétales recroquevillés au plus profond d'elle-même se serrent autour de son coeur.
La pluie dense lui brise la vue, rideau tiré sur le monde.
Le vent souffle en bourrasque ballotant sa tige en tous sens.
Elle plie l'échine, s'adapte, se fait fine, s'enracine.
Sur le bord du chemin, dans ce presque rien, elle tient.
Sur le bord du chemin, vient un lendemain.


Elle boit chaque goutte, respire chaque vent.
Toute de rouge habillée, un peu froissée dans sa jupe plissée.
La tête haute perchée, au loin, son regard s'est porté.
Et chaque été fortifie ses couleurs.
Et chaque été lui donne de la pesanteur.
Vous ne me croirez pas, mais c'est bien là,
entre vents et tempêtes,
que naquit à lui le coquelicot que je suis.
Il était une fois, et une fois, il n'était pas.

 

Murielle Wuisbeek

 

 

RÉCONFORTS

 

Je pleure tout le long du chemin. 
Je suis stupide de pleurer ainsi, cela va accentuer mes rides. 
Je vais avoir quarante cinq ans et le temps a déjà occasionné
quelques dégâts sur mon corps. Ce qui a été n'est plus. 
J'ai perdu mon amour, mon ami, mon confident et ma jeunesse. 
Nous étions deux et je ne suis plus qu'un. 
Vais-je arriver à surmonter mon chagrin? Il faut que je me fasse
une raison, que je trouve de l'aide car je suis en train de
me noyer dans le flot de mes larmes. 
Arrêter de m'apitoyer sur mon sort, essayer de remplir
ma vie, ce vide qui s'est créé en moi.
Mon chien m'attend, heureux de me voir.
Il est mon premier réconfort. Je le serre contre moi, très fort. 
Sa chaleur est comme un baume sur mon cœur meurtri.
Le téléphone sonne. 
C'est ma sœur, toujours à l'écoute, elle prend de mes nouvelles. 
Elle écoute la longue litanie de mes états d'âme. 
Je parle, parle, parle, raconte ce qui, à mes yeux, est la fin
du monde.
Que me répond-t-elle? 
Je ne sais pas mais, quand je raccroche, mes larmes
ont cessé de couler. Je me sens apaisée, elle a ôté le poids
qui pesait sur  mon cœur blessé.
Après les chocs et les humiliations arrive maintenant
la convalescence....

 

Sylvie Ducroquet