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ATELIER D'ÉCRITURE AUTOBIOGRAPHIQUE

 

FLORILÈGE TEXTES

(2016-2017)

 

FLORILÈGE TEXTES (2015-2016)

 

FLORILÈGE TEXTES (2014-2015)

 

RÉCITS DE VIE TEXTES (2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DU CHANGEMENT (2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DE L'ENFANCE (2009-2010)

 

RÉCITS : ET MOI ?

(2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DE L'ÉVASION (2009-2010)

 

RÉCITS : FÊTE ET AMITIÉ (2009-2010)

 

 

 

 

 

 

F L O R I L È G E : TEXTES 2015-2016

 

LE PLAISIR D'ÉCRIRE.


(Académie de Sombreffe)



Avec le soutien de Jonathan Burtaux,
Échevin de la Culture de Sombreffe
En partenariat avec Martine Eleonor

 

 

Journée d'atelier écriture.


Je suis contente de revoir mes copines d'atelier.
Je vous les présente. Martine, l'artiste et l'animatrice du groupe. Murielle toujours souriante. Kiara spécialiste du scrapbooking. Sylvie de Sombreffe.
Marie de Court saint Etienne, Michelle une nouvelle de Namur.
Pat de Gembloux. Ann de Jodoigne, Sophie de Sombreffe et, moi Anna Angela de Ligny.
Nous sommes un groupe de femmes et nous nous retrouvons chaque fois avec plaisir pour écrire une autre partie de notre histoire.

 

L'ambiance est détendue, propice à la confidence et à l'expression.
Je participe à l'atelier d’écriture depuis 6 ans et pour le moment je rassemble mes écrits pour en faire un recueil.
L'atelier nous aide à mettre sur papier nos émotions,  nos ressentis, notre imaginaire et notre vie.
L'atelier nous donne l'opportunité de réaliser des projets comme l'écriture d'un roman, d'un carnet de voyage ou tout ce qui nous tient à cœur.


 

Martine Eleonor nous guide et nous donne des propositions d’ écriture, pour clarifier nos pensées et nos émotions, chacune de nous met sur papier ce qu'elle ressent.


À travers les Haiku, le Pantoum et d'autres formes d'expression, nous avons la possibilité de mettre en mots  le rêve,  l'imaginaire, la réalité et tout ce qui enrichit notre vie au quotidien.


C'est un plaisir écrire, et surtout écrire à la main, mettre sur papier mot après mot, des paroles qui prennent une signification magique et surtout à la relecture des textes nous sommes toujours étonnées de ce que nous avons pu exprimer.


Dommage que l'atelier se termine. Quatre heures passent très vite, elles volent.


Nous nous quittons avec tristesse mais nous savons que l'atelier suivant nous trouvera encore ensemble pour d'autres moments magiques.

 

 

Anna Angela – Février 2016

 

 

Un cadeau de la vie  


Je me souviens de ton premier regard, de tes yeux posés sur moi.
Me revient en mémoire ce bal où soudainement tu m'es apparu pour m'inviter à danser.


Nous nous sommes étreints si fortement pendant cette première danse que mon corps s'en souvient encore.
Nous dansions joue contre joue, seuls au monde et indifférents aux regards réprobateurs ainsi qu'aux remarques désobligeantes.
Alors a commencé pour nous le temps des correspondances et des rendez-vous secrets.
Nos baisers étaient  doux, tendres et  forts à la fois.
J'étais sans cesse dans l'attente de te revoir.


Je prenais soin de ma laver les cheveux avec l'eau la plus pure et la plus douce pour les offrir aux caresses de tes mains.
Tu m'as prise comme j'étais, et je me suis donnée à toi le cœur rempli de cet amour naissant.
J'étais confiante et pleine de projets, sûre d'être heureuse toute ma vie auprès de toi.
Nous nous sommes juré de nous aimer pour toujours.
Dans la chaleur de notre couche, nous étions en communion parfaite : deux êtres qui se sont trouvés et aimés avec passion, même goûts, même affinités.
Le cadeau de la vie, ce grand amour qui n'arrive qu'une seule fois dans l'existence, rien ni personne ne saura jamais le détruire.
Il  continuera d'exister à jamais. Il est et restera toujours dans mon cœur pour l'éternité.

 

Sylvie Ducroquet - Mars 2016

 

 

Le futur

 

Recommencer à zéro, refaire sa vie?
Non, on ne refait pas sa vie, on la continue.
On peut prendre un nouveau départ, changer de direction.
Écouter l'appel qu'il y a en soi sans réfléchir aux conséquences?


La peur du futur : que va-t-il se passer si on écoute son cœur et non pas la raison?
Est-ce possible de retrouver le calme et la sérénité sans se soucier des contraintes financières que la société a créées?
Se retrouver seul(e) face à soi-même.
Transformer l'endroit où l'on vit, à son image; avoir son vrai chez soi.
Pouvoir s'investir dans de vrais projets, aller vers les autres sans aucune contrainte.
Avoir de l'espace, pouvoir respirer librement.


Repousser la peur de la solitude.
Ne plus penser qu'on est trop bien pour partir et pas assez pour rester.
Ce serait bien si d'un coup de baguette magique, tout se mettait en place comme dans un rêve.
La réalité est dure, le chemin semé d'embûches et les choix difficiles.
Toujours cette peur de l'inconnu qui nous taraude.
Et quand le corps nous lâche, l'avenir devient de plus en plus angoissant.
Tout ce que la société nous fait miroiter est faux.
Il faut repenser à un autre monde, un autre fonctionnement de notre société.
En attendant, on se retrouve seul(e) face au néant,  à toutes nos incertitudes et à nos peurs.

 

Sylvie Ducroquet - Décembre 2015

 

 

Chère page blanche,

 

J'ai besoin de te confier ce qui m'est arrivé il y a 6 mois, quand j'ai ouvert les yeux. J'étais couchée dans mon lit, dans la même pièce où je m'étais allongée la veille. François était déjà levé. J'entendais l'eau s'écouler dans la salle de bain.
Ce matin là quand j'ai ouvert les yeux, j'ai senti que quelque chose avait changé. Plus moyen de bouger. Aucune partie de mon corps. J'étais là, inerte, cassée, en morceaux. Ce matin là, j'ai rencontré le néant.

 

Marie -  17 novembre 2015

 

Les pieds bien matelassés dans de grosses chaussettes, je glisse sur les marches de l'escalier en faisant le moins de bruit possible. Je suis la première en bas comme je le souhaitais.


Le chien veut sortir.  Je lui ouvre la porte du jardin avant qu'il ne réveille toute la maison. J'allume la bougie au centre de la table. C'est une nouveauté, un rituel douceur comme les chaussettes rembourrées et la couverture peluche.
Durant cet automne, j'ai compris que j'avais besoin de douceur. Immensément besoin. Vitalement besoin. Urgemment besoin...


Des couleurs chaudes et douces, une flamme au milieu de la table, de la laine épaisse...cette laine que j'emporte dans mon lit, que je colle contre mon visage et dans laquelle je m'enfonce quand je me réveille chaque nuit.

Marie - 1er décembre 2015

 

Insomnie, mauvaise nuit.  Il est 3h du matin certainement pas l'heure de se lever, certainement pas le moment pour réfléchir à mon futur, certainement pas le moment pour revivre mon entretien avec... Je dois rester dans mon lit, faire l'effort de rester dans ce lit.  Je me tourne.  Je sais ce que je dois faire.  Je commence par le bas.


Et vous mes orteils, comment vous sentez-vous?  Je n'y arrive pas et je sens la colère qui envahit mon ventre, je suis pleine de colère, prête à imploser, j'hurle de l'intérieur et je suis tellement triste.  Certainement pas l'heure, certainement pas l'heure. Quand j'ouvre les yeux la nuit, toutes mes angoisses déboulent sur moi.


Il faut que je bouge, J'AI BESOIN DE BOUGER.  Et si je partais marcher?  Pas à 3h du matin.  Je retourne mon oreiller.  Il faut inspirer, expirer.  Que va-t-il se passer?  Qu'est-ce que je vais faire de ma vie?  Suis-je guérie?  Non, je le sais alors on fait comment? Combien de temps a-t-on le droit d'être malade?  Que va-t-il m'arriver?  Pourquoi cela m'arrive ? Vont-ils continuer à m'aimer malgré tout? Et puis, il y a le matin.


Des journées ou tout est flou.  Et si je n'allais pas à l'atelier aujourd'hui?  Et si je n'allais pas courir mercredi ?  Et si je n'allais pas au cours jeudi soir ? Et si je n'avais plus envie. Et si je fermais les yeux et si je ne les ouvrais pas ...ouvrais plus.

 

Marie - 15 décembre 2015

 

 

Conférence à Bruxelles. 

 

Ce 27 mars Catherine et moi partons à Bruxelles écouter une conférence sur Hildegarde von Bingen. Arrivées rue Fossé-aux-loups, porte close, je toque, je frappe, en vain, puis je pousse sur toutes les sonnettes de l’immeuble.  Quelqu’un  déclenche l’ouverture de la porte. Nous nous engageons dans un antre obscur au bout duquel un écriteau nous renseigne qu’il faut traverser la cour pour accéder à la salle de conférence. Nous sommes les premières.  Nous avons le loisir d’inspecter l’arrivée des participants : un vieux beau, une mémé chaussée d’après skis, une infirmière, qui n’a visiblement pas eu le temps de se changer, un clochard qui a suivi le mouvement et s’installe au premier rang.


Au moment où Bernard le conférencier prend la parole, la sonnette retentit, la personne assise devant l’entrée  doit se lever, replier sa chaise pour laisser passer le nouvel arrivant.
Sur ces entrefaites, le téléphone de l’organisatrice sonne. À peine le conférencier a-t-il repris le cours de son exposé que la sonnette tinte à nouveau.  Ainsi quatre fois d’affilée.  Brouhaha de chaises, d’excuses, de murmures.  Une sexagénaire, toute de rose vêtue, fait une entrée fracassante. Elle dérange une rangée de personnes, elle s’installe à côté de son amie et lui raconte à haute voix la chute qu’elle vient de faire dans la rue. Tandis que le conférencier tente de s’accrocher au fil de son discours, la retardataire re-dérange la rangée pour s’en retourner chez elle. 

Bernard, en train d’expliquer la confrontation de la Sainte aux révélations et ordres divins, s’égare en digressions. Un auditeur fait remarquer qu’il est venu pour entendre parler des remèdes de Sainte Hildegarde. Un autre veut des recettes pour soigner ses maux. Un troisième, pour illustrer les propos de Bernard, raconte que lors d’un voyage au Tibet, une personne âgée, qui souffrait d’une angine de poitrine, s’était sentie mal. Le narrateur avait dans sa poche une pierre de Sainte Hildegarde  avec laquelle il a frictionné la poitrine de la malade.

 

Celle-ci se sentit tout de suite mieux et put poursuivre le voyage.  L’infirmière, courroucée, déclare qu’il ne faut pas faire croire aux gens qu’une pierre de Sainte Hildegarde guérit une angine de poitrine.  Sur sa lancée, elle fait remarquer à  Bernard  qu’il ne peut pas sous-entendre que la tuberculose est la maladie des mélancoliques, qu’il s’agit bien d’une maladie infectieuse, qu’elle a suffisamment d’expérience en médecine pour le savoir.  La conférence dérape.  Le conférencier consterné ne parvient plus à en placer une. Chacun de témoigner d’un miracle occasionné par un grigri.

 

Hilares, nous rentrons chez nous, enchantées de ce vaudeville. Merci Sainte Hildegarde !

 

Ann de Bavon

 

 

CONGO


Il fait gris. J'ai rendez-vous dans onze minutes. Je préfère toujours arriver bien en avance. Attendre, j'en ai l'habitude. Depuis combien de temps j'attends d'ailleurs? Et quoi? Et qui?
Neuf heure trente. Il est l'heure. J'entre, à l'heure précise. Je me laisse tomber dans le fauteuil, celui dos à la fenêtre. Expire. Tu me regardes. Le temps se suspend, il change son rythme. Je m'y installe. Le passé se présente. Inspire.


- Je vais encore un peu plus loin, dis-tu en t'avançant vers moi.
Les mots cognent. Pause. Je respire si petit que l'air n'entre plus. Je sens ma peau s'assécher, se figer, se tendre. Je la sens craquer. Cicatrice, elle crie. Elle crie la souffrance d'être peau de couleur, elle crie la souffrance d'un arrachement, elle crie la souffrance d'une vie.
Je voyais là, au loin, flâner les lions, m'a dit mon père.

 

Mon père est né au Congo, d'une mère autochtone et d'un père colonisateur. Café au lait comme nous dirions aujourd'hui. Cette couleur signait l'apparition d'une nouvelle race. Etait-il Belge? Fallait-il l'instruire?
Mon grand-père, pour qui la valeur d'un homme dépendait de son instruction, face aux tourments qui agitaient les esprits, prit la décision de renvoyer ses enfants, Hélène six ans et Emile trois ans, dans sa famille et terre natale d'Anvers.
Le bateau s'éloignait de la côte couvrant de ses sirènes le cri de leur mère. La joie des passagers retournant au pays étouffait les larmes des enfants arrachés aux leurs.
Belgique, 2 novembre 1932.
Seuls sur le quai, sous une pluie battante, gelés de froid, Hélène et Emile.
Ma voix se fige dans cet insupportable. Mes yeux sont larmes, larmes de sang.
Celui de mon père, de ma grand-mère et du mien mêlés.

 

Murielle - 2 novembre 2016

 

 

Encore 6 jours.


Encore 6 jours.
Je te vois, saleté de boule que j'ai dans le sein.
Qui es tu? Qu'es tu?
Le sein, la femme, la famille, l'amour.
Donner le sein, nourrir,  donner la vie.
La vie, la passion.
La vie, la mort.
Je te porte en moi, tu t'échappes, je souffre.
Je te porte en moi, tu t'échappes, je te pousse.

Sein de femme.
Femmes en moi.
Femmes de ma famille.
Je vous aime.
Je  vous aime pour tout ce que vous avez osé!  Pour tout ce que J'AI osé! 
Pour ces hommes que j'ai aimés avec passion.
Pour ces enfants que j'ai eus sans calcul.
Pour ces enfants que j'ai adoptés sans mesure.
Pour ces pays qui m'ont offert le soleil et la neige.

Femmes, je vous hais. 
Je vous hais pour tout ce que vous avez tu. Pour tout ce que J'AI tu.
Pour ces hommes qui nous ont trahies.
Pour ces enfants qui sont morts.
Pour ces enfants ingrats.
Pour ces pays où grouille la misère. 

 

Je ne vous fais pas mal?

Non, pas du tout.

 

 

Une longue aiguille pénètre mon sein.
Je ne sens rien.
Je suis anesthésiée.

Premier choc! Prélèvement.  LA CULPABILITÉ.
Second choc! Prélèvement.  L'ABANDON.
Troisième choc! Prélèvement.  LA COLÈRE.
Quatrième choc! Prélèvement.  LA DÉCEPTION.
Cinquième choc! Prélèvement.  LE SILENCE.
Sixième choc! Prélèvement. LA TRISTESSE.

 

Désolée,  il m'en fallait au moins six pour avoir

" ce qu'il faut".

 

Maintenant,  il ne me reste plus qu'à attendre. 
Encore six jours! 


Sortir de l'anesthésie. 


ATTENDRE entre la confiance et l'angoisse. 
Vais-je être "délivrée" ou vais-je "payer pour mes erreurs"?

Peu importe.  Je sais, je sens au plus profond de mon sein
que ce sera un bouleversement. 
C'est ça que j'aime dans la vie.
Les bouleversements,  le changement, le défi. 
Quitter la routine, sortir de l'anesthésie... Inch Allah!

 

PAT

 

 

Survivance

 

Ce jour-là, à ce moment précis, je choisis de marcher pour ne pas crever. Je lui dis que peut-être je ne survivrai pas à mes morts, ou que pire, je me servirai de lui comme d’une béquille ou d’un bâton de pèlerin, je ne sais plus, que je le viderai de sa substance vive comme un jeune vampire qui ne sait pas gérer sa soif mortelle, que peut-être un jour je

 

l’abandonnerai exsangue au détour d’un chemin qu’il aura débroussaillé. Je le préviens que je ne vois que les verres à moitié vides, que je suis très forte pour appuyer là où ça fait mal, que rien ne sera jamais simple, que je vis dans l’obscurité, que je ne supporterai pas qu’il ouvre les rideaux pour que pénètre la clarté. Je lui dresse un tableau tellement noir de mes bas-fonds que je sens la pourriture qui émane de moi. Je me surprends à espérer qu’il comprenne que rien n’est exagéré, que peut-être il se doute que je suis en-deçà de la réalité, mais non.

 

 

Non. Il sourit. S’il n’avait pas un jour passé un test de QI dont je connais le résultat – 152 – je le taxerais de retardé mental, mais son intelligence rayonne de partout : de ses yeux, de son sourire, de sa peau, de ses cheveux. De sa voix assurée quand il me dit en riant « Même pas peur. »

 

Sa voix qui me berce, me transperce, me guérit au plus profond, cette voix qui me rassure quand je pleure, me guide quand je m’égare. La voix de cet homme que j’aime plus que le soleil dans le ciel, plus que l’air dans mes poumons, plus que l’attraction terrible de la mort. Cette voix chavirée qu’il a quand il répète à deux reprises « oui, je le veux » devant l’échevin de l’état civil quelques années plus tard.

 

Parce que oui, j’ai survécu. Aidée par la magie de Goran, j’ai survécu. Et lui aussi.  Et de notre union, nous avons conçu.  Salomé.  La paix de mon âme.

 

 

Kiara Alba