Programmes - Martine Eleonor - Détails pratiques - Transgénéalogique - Ateliers d'écriture - Contact & Liens

 

 
 

 

ACCUEIL

 

 

ATELIER D'ÉCRITURE AUTOBIOGRAPHIQUE

 

FLORILÈGE TEXTES

(2016-2017)

 

FLORILÈGE TEXTES (2015-2016)

 

FLORILÈGE TEXTES (2014-2015)

 

RÉCITS DE VIE TEXTES (2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DU CHANGEMENT (2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DE L'ENFANCE (2009-2010)

 

RÉCITS : ET MOI ?

(2009-2010)

 

RÉCITS : THÈME DE L'ÉVASION (2009-2010)

 

RÉCITS : FÊTE ET AMITIÉ (2009-2010)

 

 

 

 

 

 

Série de textes sur le thème du :

PASSAGE DANS LE TEMPS

 

ET MOI ?

 

2009-2010

 

Ce que le public critique, cultivez-le : c'est vous-même.

 

(Jean Cocteau)

 

 

 
T'AS ENVIE DE QUOI ?

 

De rien.
Rien pour ne plus attendre, pour ne plus T'attendre
Rien pour ne plus espérer
Rien pour ne plus être blessée
Rien pour ne plus être coupable

Rien aussi car ce rien me rend riche
Depuis ton, mon départ
Depuis que ma maison c'est ma voiture
Depuis la mort de mon fils
Depuis la maladie
Depuis la fin de ma carrière
Depuis que je sens avoir perdu toutes mes identités
Je sais que de rien je vais renaître
Naissance douloureuse? Naissance heureuse?
Trouver d'autres dons
Trouver d'autres voies
Trouver d'autres voix
Mettre mes pas dans le désert
Le désert c'est tout
Le désert c'est rien.

 

T'AS PEUR DE QUOI ?
 

J'ai peur des départs, c'est plus fort que moi.
Si quelqu'un part, j'ai peur, peur qu'il ne revienne pas.
Pour moi, tous les départs sont des morts.
C'est une peur panique.
A un tel point que je confonds les gens :
Je ne sais plus qui part, qui reste, qui est vivant...
Ceux qui le savent essayent de me rassurer,
de m'expliquer qu'ils vont revenir,
ils me disent : Au revoir.

 

Ah!oui.
Au fait,
c'est ça
N'oubliez JAMAIS
de me dire – AU REVOIR ! 

 

Patricia Delefortery- Septembre 2009

(une question inspirée du livre « Ma voix basse » de Régine Vandamme )

 

 

PLAISIR

 

Qui ou qu’est ce qui me fait vraiment plaisir?
Difficile de choisir, parce que j'aime beaucoup de choses, j'aime la vie. Mais… le plaisir le plus profond je l'ai quand le soir je ferme les yeux dans la chaleur de mon lit et… je rêve, j'imagine, j'invente.


Je ferme les yeux et je suis libre de créer mon monde et de vivre toutes les expériences. Voilà ce qui me fait plaisir!
Mes yeux sont fermés, je respire encore, mon corps est léger et il flotte dans les airs. Mon corps monte toujours plus haut, et je me retrouve dans l'espace infini.

 

Etoiles, planètes, soleils, et autres corps non identifiés, il y a de tout. Il y a la lumière et l'obscurité, la couleur et le blanc, la terre et le ciel, il y a le bruit et …le silence.
Un silence parlant …
Tout bouge, change, monte, descends, et je suis là chez moi.

 

Le silence qui m'entoure, m'apaise, je suis tout et rien, je fais partie de l'univers, de la création de ce monde sans fin.

Bercée par l'apesanteur, je me laisse aller.


Je suis seule, j'existe, je suis là.
C'est un moment privilégié de bonheur.


Dans ce monde inconnu, petite lumière parmi des milliers d'autres, je me sens dotée de pouvoirs magiques. Je résous tout. Les petits tracas quotidiens ont disparu, personne ne souffre et le monde entier est heureux. Dans ce monde du possible, je peux m'inventer une vie meilleure ou tout est magnifique, où tout est réalisable.
Lentement, le sommeil m'attrape et dans les bras de Morphée j'oublie tout.
La sonnerie matinale me réveille brusquement, mais le souvenir d'un autre monde me recharge pour le quotidien.

 

 

PEUR !

 

Je suis au chaud dans mon lit.
Je suis fatiguée, j'ai besoin de dormir.Tranquillement, je ferme les yeux, les draps sont frais, la chambre aérée.
Je peux dormir.
Après un temps indéfini, je sursaute: "Y a t-il quelqu'un?"
J'attends, une réponse; réponse qui n'arrive pas.
"Quelqu'un est dans la maison?"
Il est 3 h du matin. Qui peut venir à cette heure? Des voleurs? Ou pire…
Des pas dans l'escalier…
Je cache ma tête sous les draps, je suis toute petite..
Les bruits de pas se font insistants.

 

Ils sont là, ils sont là, derrière la porte.
Je suis invisible dans mon lit.
Je reste là, advient ce qu'il advient.
La porte s'ouvre, je ne sais pas qui est entré.
J'attends. Le temps passe.
C'est long.
Enfin, je me décide!
J'ouvre les yeux.
Personne! Rien!
Tout est calme.
C’est mon cœur qui bat très fort.
Je me tourne de l'autre côté.
Et je m'endors.

 

Ank

 

 
COMMENT CA VA ?
 

- Alors, comment ça va ?
- Ça va.
Ça veut dire quoi ?
Ça : c'est quoi ? Je vous pose la question !
On pourrait dire...- Alors maintenant, comment tu vas avec ÇA ?
ÇA c’est un mot impersonnel, incolore. C'est un ÇA lourd, pesant. Qui prend de la place, trop de place sans doute.
On le redoute, on s'en méfie, si c'était contagieux ?
ÇA : de loin, surtout ! De loin, du bout des lèvres, la bouche s'ouvre,

droite, rigide et mécanique pour prononcer un ÇA clair mais distant.
ÇA remplace ce que l'on ne nomme pas, la souffrance, la peine, le chagrin.

 

ÇA exprime le vague, le -on sait qu'il y a quelque chose mais pour ne pas le porter à sa place

on le noie dans un ÇA, l'autre n'aura qu'à mettre ce qu'il veut, comme dans une taie d'oreiller,

c'est énorme tout ce qu'on peut y mettre,

 

Et ÇA ressemble à un tout.

- Alors... Comment ça va ?

J'ai envie de répondre :

-Je pense que ÇA va et moi aussi, je fais avec ; je lui laisse une place pour qu'il ne la  prenne pas de force.

En attendant, à bientôt et que ÇA aille bien vous aussi !

 

Masa/Février 2010
une question inspirée du livre « Ma voix basse » de Régine Vandamme.

 

 

DEPUIS QUE JE SUIS…

 

Depuis que je suis à la retraite, je suis beaucoup plus occupée que lorsque j’étais prof.  Tout d’abord, j’ai remis ma maison en ordre, puis un jour, je me suis dis : « J’aimerais bien à nouveau diriger une chorale ».
Quelques jours plus tard, une amie me téléphone : « Aurais-tu du temps libre ? Une personne m’a demandé si je connaissais quelqu’un pour reprendre sa chorale car le chef vient de décéder ».
« Cela tombe bien » dis-je, j’y avais pensé. Où est-ce ? ».  Mon amie me répond : « C’est la chorale Chanteclair à Nalinnes ».  Je dis oui et trois jours après me voilà partie à Nalinnes rejoindre le groupe, très contente mais quand même un peu stressée car c’est l’inconnu.
Je me présente, c’est un groupe mixte de seniors.  Ils sont aussi tendus que moi.  Ils se lancent et chantent, je les écoute et leur dit quelques mots pour les mettre à l’aise.

 

Nous avons surtout chanté dans les goûters du troisième âge, dans des maisons de repos de la région de Charleroi et chaque année pour la messe de Sainte Cécile à Nalinnes.


J’ai dirigé cette chorale pendant dix ans à raison de deux répétitions par semaine, puis tout s’est terminé « faute de combattants ».  Je suis toujours amie avec quelques personnes de ce groupe.


J’ai encore d’autres occupations dans mon village et quand il fait beau, je m’occupe de mon jardin et des petits oiseaux qui viennent remplir ma cour de leurs chants et manger les graines que je leur donne.

 

Marie-Thérèse Mayenez/février 2010.

 

AUTO-PORTRAIT


Je suis une personne bien en chair, rigolote, pleine d’esprit, aimant la vie.  Petite, je chantais déjà.  J’ai toujours aimé me faire remarquer, malgré ma timidité, pour qu’on m’aime. J’aurais aimé être un arbre, beau, grand, un chêne ou plutôt un saule pleureur mais pas pour pleurer, pour m’épanouir en laissant retomber mes branches au bord d’un lac avec un banc où viendraient s’assoir des amoureux. 

 

J’aime l’eau mais je ne sais pas nager.

 

Je suis très bavarde et dans les mouvements de jeunesse, j’avais comme totem : « pie bavarde ». J’aime recevoir ma famille, mes neveux, des amis en leur préparant un bon repas.  Je décore ma table en me disant qu’ils vont me faire honneur et me féliciter pour cette belle réunion.

Marie-Thérèse Mayenez/Octobre 2009

 

 
SALUT MOI !
 

Même si tu n'es pas toujours facile, je suis contente que tu sois là.
Merci de ne pas m'avoir abandonnée.
J'ai tellement besoin de toi.
De ton espièglerie, de tes émerveillements, de ta spontanéité, de tes excès.
Merci surtout et par dessus tout pour ta passion.
Tu es toujours dans le présent.
Ce que tu as aimé, tu l'aimes;
Ce qui t'a troublé te trouble.
Ce que tu as vu, tu vois.
Ce que tu as senti, tu sens.
Ce que tu as goûté, c'est bon.
Ce présent est un beau présent.
Merci et aussi : je te pardonne.
Car tous ces bouillonnements, franchement, cela me ronge le sang.
Tes passions m'épuisent.
Non, je ne t'en veux pas.
Car sans toi, ma vie serait bien morne.

 

Patricia Delefortery

PETITE FÉE FROU-FROU

 

Petite fée Frou-frou
Cheveux à la garçonne
Tes petites ailes font fri fri
Quand avec moi tu ris
Assise dans l'herbe mouillée
D'un soir de printemps,
Partageant nos gâteaux de copines
Et nos folles instants,
Prends soin de nous encore,
Amie Pimprenelle
J'ai enfin parlé de toi
Timide frangine
Petite voleuse de moments de délices
Demain nous irons au bois
Et ce sera moi qui prendrai le temps
De te prendre par la main
Et jouer jusque demain

 

 

Masa/Janvier 2010

 

MA PETITE CHERIE

 

Ma petite chérie,
Personne ne m’a jamais écrit un beau titre comme celui-ci, « ma petite chérie ».  Qui aurait pu me l’écrire ?
Maman, tu m’as beaucoup manqué mais Bobonne était là pour te remplacer.

Elle ne m’a jamais dit ou écrit « ma petite chérie », ce n’était pas de son époque.

 

Nicole Spourquet/novembre 2009.

 

 

LETTRE A MON ENFANT INTERIEUR

 

A toi
Cette lettre que je m'envoie
A moi
Ces mots que je reçois
Ces phrases qui s'écrivent maintenant
Le crayon glissant à la virgule
La mine qui craque à chaque point
Comme des petits baisers de bulles
Je nous envoie quelques lignes sur notre jardin
Notre jardin où fleurit la pivoine
Et ici rose, la tulipe et le jasmin
Jardin que je sème de confidences
Et que tu arroses de patience
Tu m'as emmenée ici
Et je t'ai suivie là-bas
Les larmes aux bouts des doigts
Je t'enveloppe de promesses
Pour continuer à courir
Pour continuer à conduire

 

Cette vie de promesses
Vie qui est la nôtre
Mais qui de toi ou de moi aura reçue la première
Ce cadeau de lumière
Peut-être toi
Petite poupée de chiffon
En boule tu t'enroules au creux de moi
Peut-être moi
Petite fille chiffonnée
En boule je m'enroule autour de toi
Petit à petit, pas à pas
Nous avons ri, crié, pleuré
Et surtout cru à tout cela
Devenues fleurs aux pétales sucrés
Tu m'avais mis des épines pour te garder
Des papillons trop gourmands
Pendant que je te parfumais de rosée
Pour attirer les bourdons charmants
Je t'ai amenée ici
Tu m'as suivie là-bas
Et puis me voici en quête de toi
Où étais tu ?
T'es-tu perdue dans mon histoire ?
M'as tu cherchée longtemps
Egarée dans ton bazar ?
Je t'ai cherchée tu m'as rejoint

Nous avons repeint de couleurs
Nos jeux de tendresse et
Recousu de fil de soi
Nos robes de princesses
Nous nous sommes arrêtées ici
Nous nous sommes rejointes là-bas
Devenue moi, voici que tu disparais te cachant derrière mas yeux clos
Devenue toi, voici que je me glisse dans ton cœur encore chaud
Nous enivrant de l'arôme du vent et de la caresse de nos rêves
Quand j'ai mal à ma vie tu es là
Quand c'est toi qui saigne c'est le chagrin sucré qui coule sur mes joues trop usées
Et puis comme deux frangines
Et puis comme deux copines
Nous deviendrons vieilles et nous tournerons en rond
Pour ne pas partir là-bas car nous aimons rester ici

 

Masa/Octobre 2009

QU'EST CE QUE TU CHERCHES ?

 

Qu’est-ce que tu cherches ?
Qu’est-ce que tu cherches, là, en ce moment ?
Rien ou peut-être tout ?
Qu’est-ce que tu cherches ?
L’amour ou la solitude ?
La chaleur ou le froid ?
Qu’est-ce que tu cherches, toi ?
La tendresse ou la dureté ?
La beauté ou la laideur ?
Qu’est-ce que tu cherches, comme moi ?
La clarté au lieu de l’obscurité,
L’espace au lieu de la prison?
Qu’est-ce que tu cherches ?
La liberté ou l’interdit ?
La confiance ou la peur ?
Qu’est-ce que tu cherches ?
La Vie ou la Mort ?
Qu’est-ce que tu cherches ?
Tout simplement Toi, comme Moi ?

 

Aube Belmart/Septembre 2009
une question inspirée du livre « Ma voix basse » de Régine Vandamme.