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RÉCITS : FÊTE ET AMITIÉ (2009-2010)

 

 

 

 

 

 

Série de textes sur le thème du :

PASSAGE DANS LE TEMPS

 

FÊTE ET AMITIÈ

 

2009-2010

 

 

 
GIGI

 

J'ai tout de suite reconnu ton écriture en ouvrant la boite aux lettres.
Pas d'émotion, trente cinq ans plus tard.
Comme si c'était « normal ».
Sais-tu à quoi j'ai pensé, Gigi.
Notre camp guide, vie au grand air.
Moments durs : la corvée bois (on n'aime pas ça!)
Moments intenses : feux de camp, amitiés adolescentes.
Sur la table, l’eau bout.
Les « brolages » sont bien serrés (ces nœuds de ficelle qui écorchent les doigts et scellent les bois pour en faire nos meubles, le temps d'un été).
Les pommes de terre sont cuites, cela sent la forêt, la purée, la liberté, la faim...

Trop paresseuse pour remettre à bouillir une seconde casserole, j’utilise l'eau pour y laver mes chaussettes. Toi aussi. Résultat : au séchage, nos quatre pieds pendent raides sur le fil !


Ah oui ! L'amidon...notre cours de science est resté au fond du sac.

Tu vois, le temps n'a pas d'importance.
J'ai passé trente ans dans une bulle, loin de toi.
J'ai un peu peur que d'une pointe d'aiguille, tu fasses éclater ce ballon...... ou
Peut être en ai je envie?
Te raconter les hommes que j'aime, les enfants que je porte, ma solitude, la maladie, la mort
Et - merci la vie ! 
Mon trousseau de clés tombe, boîte aux lettres béante.
Toutes ces clés sur le trottoir.
Il faut bien l'admettre: je suis une sans domicile fixe.
A bientôt.


Patricia Delefortery
                         

 
ANNIVERSAIRE

 

 

Un jour d’octobre 1988, Paul vient me dire : « Dimanche, nous allons, Cécile et moi, dîner au restaurant, viens-tu avec nous ? »  « Au resto, dis-je, avec plaisir, c’est oui ». Rares étaient les occasions d’aller manger dehors.  « Nous viendrons te chercher après la messe » me dit Paul.
Le dimanche convenu, je vais à la messe et au lieu de rentrer chez moi, je décide d’aller directement chez eux pour ne pas les déranger.


J’arrive et je vois Cécile qui me regarde avec étonnement puis j’entre et vois dans le corridor plusieurs paquets. Ma nièce, Catherine, est là et je lui dis : « Ah !  Tu viens au resto avec nous ? ». 

Elle ne me répond pas.
Je vais m’assoir dans la petite salle à manger.  Cécile et Catherine sortent dans le couloir et je les entends discuter.  Ensuite Paul les rejoint à son tour.  Je trouve cela bizarre !

 

Au bout d’un moment, ils reviennent et Paul dit : « On ne va pas au restaurant, nous retournons chez toi. ».  « On ne va pas au resto ? » dis-je très déçue.  « Non, d’ailleurs tante Germaine et tante Léona sont probablement arrivées. » - « Pourquoi ?  Elles viennent chez moi ? » - « Oui, nous fêtons ton anniversaire, tes soixante ans, avec toute la famille » - « Mais je n’ai rien pour vous recevoir… » - « Ne t’en fait pas, nous apportons tous quelque chose. »
Heureusement ma bonne humeur reprend le dessus. Nous partons à la maison. Dans ma rue, plusieurs voitures semblent nous attendre.
Les uns après les autres, ils arrivent tous, cousins, cousines, tantes, neveux, nièces et deux petits neveux.  Nous sommes une trentaine, chacun avec vivres et boissons à volonté.
Nous avons passé une très bonne journée et le temps étant assez beau, nous avons pris quelques photos dehors.
Ce fut une belle fête qui m’a réjoui le cœur car j’ai pu me rendre compte que j’étais aimée de tous.

 


Marie-Thérèse Mayenez/ Janvier 2010.

 

UN AMI IMAGINAIRE

 

Mon ami Maurice est un personnage très rieur, aimant faire des farces.
Il téléphone à des personnes inconnues, les fait monter sur une chaise parce ce que dit-il, il y a du bruit dans le téléphone ou encore d’autres choses un peu folles.
Il donne rendez-vous à des filles en leur disant qu’il viendra avec une fleur à la boutonnière et puis il n’y va pas ou il se cache pour voir si la fille l’attend.
Il est très gentil et aime rendre service. 

Je ne le vois pas souvent, il est très occupé par son métier mais il aime venir chez moi car je lui prépare de bons petits plats.
Il est toujours de bonne humeur.  Il aime les chiens mais n’en possède pas.
Quand je suis triste, il me raconte des histoires drôles pour me faire rire et me consoler.
Je l’aime beaucoup, c’est une personne sur qui je peux compter.

 

Marie-Thérèse Mayenez
Le 12 janvier 2010.

 

 
LES BISCUITS

 

Le ciel est rouge. C’est signe de grand vent, mais c’est aussi le ciel de St Nicolas qui cuit ses biscuits. C’est donc le grand jour pour s’amuser dans la cuisine.
D’abord, ne rien oublier : le cahier de recettes, la farine, la cassonade, le beurre, les œufs, un peu de sel, les épices, la balance, le cul de poule…tout est prêt…
Je me lave les mains sous l’eau fraîche, je retrousse mes manches, j’enfile mon tablier et en avant…

 

-Non, le chat, pas sur la table !
Je relis les proportions, je pèse, je mesure…
D’abord, attention, les œufs, le beurre et le sucre…oui. Oh ! J’essuie le fouet avec la petite spatule ou avec les doigts ? Problème de conscience ou de ligne future ?

 


Tamiser la farine, oui, mais il n’est pas obligatoire d’en faire un nuage qui fait toussoter. Du calme, j’ai le temps : c’est la seule occupation de la matinée. La pâte est dure à malaxer, je suis obligée de faire appel à la fée électricité.


Quel bruit ce malaxeur ! Il fait fuir le chat. Maman, comment faisait-elle ? Avec la cuillère en bois, tiens !

 

Maintenant les rouleaux de pâte s’allongent sur la plaque de verre. Je racle avec un couteau les petites miettes perdues pour les recoller au rouleau ou pour les laisser fondre doucement sur la langue. Oh !déjà comme cela, c’est bon …J’espère que cuit, cela sera délicieux.

 

 

La pâte laissée un moment au frigo et durcie, j’expérimente les petites formes nouvellement achetées : un cœur, une marguerite, un cheval, une étoile, la lune, une cloche… C’est magique ! La pâte se découpe allègrement. Les petits biscuits crus sont disposés sur le papier cuisson. Je récupère le surplus pour remodeler un boudin dans lequel je découpe des ronds, des ronds, des ronds…

 

Voilà, les plaques de cuisson sont garnies, le four est à bonne température. Envoyez ! A travers la vitre, j’observe la pâte qui gonfle légèrement, s’étend, dore sur les bords puis au centre. Le parfum caramélisé s’échappe doucement et alerte ma gourmandise. La minuterie égrène sa sonnerie habituelle. Oui ! La couleur est belle, je peux les retirer et les disposer sur la grille prévue pour le séchage. J’enfourne les plateaux suivants.


Maladresse ou volonté ? J’aime qu’il y ait quelques ratés : je pourrai me régaler. Les autres, les beaux, les réussis, eh bien, ils garniront avec les mandarines, les poires et les bananes les assiettes des petits et des plus grands. Merci St Nicolas pour tes biscuits !

 

 

Aube Belmart

 

GILBERTE

 

Cette année là nous n'avions plus de tente et plus de sous pour en racheter une.

Je me retrouve seule, en camping à Stavelot, avec une dizaine d'enfants.
Marie-Catherine nous a prêté la tente familiale de ses parents. L’antiquité dans toute sa splendeur (un grand trou au plafond) j'y ai remis une pièce mais j’ai oublié de l’imperméabiliser. Nous voilà trempés, dans la gadoue. Que faire ? Guy travaille, donc pas de voiture ni de moyen de rentrer.
Une jeune femme s’amène avec des branchages et des plastics pour le toit. Nous avons sympathisé : même regard sur la vie, beaucoup d enfants.

Au fil des années nous avons évolué de concert, notre statut aussi. Nous nous voyions pour les vacances, les weekends, nous faisions de l’animation ensemble. C’était la période insouciante de notre vie de jeunes mères. Entre les vacances, les coups de fil pour tout, pour rien.

 

Une année, je n’avais pas répondu à ses vœux de Noël, cela l’a intriguée. Elle m’a téléphoné pour voir si tout allait bien. Elle avait le pressentiment qu’ 'il y avait un problème. Je lui ai annoncé l’incendie de notre maison. Elle m’a dit : - je viendrai dimanche. Nous vivions à sept dans les chambres au dessus de notre magasin : trois chaises, une tasse chacun, la cuisinière reçue à côté du lit. Le camping comparé à ce campement, c’était du luxe.
Pas même assez de chaises et de tasses pour la visite. Les amis m’avaient dit : si tu as besoin d’aide dit le hein !
Là, pas de mots, mais sa visite avec un break rempli de vêtements, vaisselle, nourriture. Le toit du véhicule faisait bien un mètre de haut

C'est ma sœur plus que mon amie, trente cinq ans d'amitié.      

 

  

GRANY 
mars 2010